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Devant la Croix, les mots deviennent plus sobres. Le Vendredi saint ne demande pas d’admirer la souffrance pour elle-même. Il fait contempler Jésus qui aime et se donne au milieu du rejet et de la violence. Nous pouvons y porter les personnes blessées, les innocents menacés et nos propres silences. Cette journée invite à une présence qui ne prétend pas tout expliquer et qui refuse de laisser la douleur d’autrui devenir un spectacle.
Comprendre cette célébration
Le Vendredi saint commémore la Passion et la mort du Seigneur. La célébration de la Passion comprend l’écoute de la Parole, la grande prière universelle, la vénération de la Croix et la communion. Il n’y a pas de célébration de la messe ce jour-là. La Croix est honorée en raison du Christ qui y a livré sa vie.
La foi chrétienne comprend la mort de Jésus dans l’unité de sa Pâque. Elle n’en fait pas une victoire de la violence. Le salut vient de son amour donné librement et de l’œuvre de Dieu. On ne peut donc pas utiliser la Croix pour demander à une victime de rester exposée à des abus.
Une lumière pour notre vie
La journée peut nous apprendre à demeurer près de quelqu’un sans produire aussitôt une parole rassurante. Une personne endeuillée ou malade n’a pas toujours besoin d’une explication religieuse. Elle peut avoir besoin d’un silence partagé, d’une course faite pour elle ou d’une présence qui revient. Une aide concrète respecte souvent mieux la gravité de l’épreuve qu’une formule qui voudrait la résoudre.
La contemplation de la Passion peut aussi rendre attentif à nos propres façons de participer à une violence : relayer une humiliation, désigner un coupable sans preuve, rester indifférent à une injustice connue. Reconnaître une responsabilité limitée mais réelle ouvre la possibilité d’un changement. Cela n’exige pas de porter sur soi tout le mal du monde ; cela demande de répondre à ce qui dépend effectivement de nous.



