Châteauvieux à Yzeron : mettre à l’abri un héritage roman

À Yzeron, la chapelle de Châteauvieux se détache sur un horizon ouvert. Un clocher carré, des murs de pierre et des baies étroites dessinent ce repère des monts du Lyonnais, dans le Rhône. Sa restauration répond à un enjeu essentiel : protéger de l’eau un édifice dont la charpente, la couverture et les maçonneries ont été fragilisées.
Des origines romanes aux transformations de la nef
Dédiée à saint Jean-Baptiste, la chapelle est rattachée au XIe siècle et apparaît dans les textes en 1231. Elle dépendit de l’abbaye d’Ainay avant son rattachement à la paroisse d’Yzeron en 1658. Son inscription au titre des monuments historiques date du 7 novembre 1979.
À l’intérieur, une nef unique de trois travées mène vers le chœur. Un bénitier à deux vasques fait partie des éléments remarquables. Les restaurations de la fin du XVIIe siècle, puis le réaménagement de 1960-1961, rappellent que cette architecture a traversé les siècles en étant entretenue et transformée. L’édifice roman porte aussi la marque de ceux qui l’ont reçu en héritage.
La mise hors d’eau au cœur de la sauvegarde
Le diagnostic relève des infiltrations, une charpente et une couverture dégradées, ainsi que des fissures dans les murs. La protection du toit et la stabilité du bâti sont donc liées : la restauration doit traiter les causes des désordres autant que leurs traces visibles.
La commune a engagé un programme global, organisé par étapes. La charpente et la couverture constituent une priorité ; les façades, les maçonneries et les aménagements intérieurs appartiennent également au périmètre étudié. Le chantier demande une attention à la structure et aux matériaux anciens, dans le cadre de la protection patrimoniale de la chapelle.
Des pierres que l’on continue à habiter ensemble
L’association des Amis de la Chapelle de Châteauvieux accompagne la commune dans la mise en valeur du lieu. Visites, concerts et rencontres donnent un prolongement humain au travail de conservation. La nef, conçue pour la prière, offre aussi un cadre où découvrir une histoire et écouter la musique.
Au-dehors, le regard suit les reliefs ; au-dedans, il se resserre sur les voûtes et le mobilier. Sauvegarder Châteauvieux, c’est préserver la possibilité de franchir ce seuil, pour une halte, une découverte ou un moment de recueillement.
