Sainte-Barbe à Ceillac : protéger une chapelle du Queyras

Au Villard, sur les chemins qui s’élèvent au-dessus de Ceillac, Sainte-Barbe présente un long toit de bois face aux montagnes. Sa petite silhouette accompagne les marcheurs du Queyras, dans les Hautes-Alpes. Derrière cette apparente simplicité, la chapelle conserve des voûtes et des décors que l’humidité fragilise.
Une chapelle à la mesure du Villard
La construction pourrait remonter à la fin du XVIIe siècle. Cette datation reste une hypothèse, fondée sur la ressemblance avec d’autres chapelles alpines. Le bâtiment adopte un plan rectangulaire ; deux travées voûtées d’arêtes couvrent son espace intérieur. En façade, le clocher-mur, légèrement décalé, ne comporte qu’une ouverture.
L’inventaire patrimonial relève des arcs dessinés par la peinture et un sol de lauzes posé en 1994. Il signale aussi un testament de 1784 dans lequel un journalier de Ceillac réserve un legs de seigle à Sainte-Barbe. Cette petite donation agricole donne une mesure concrète de l’attachement des habitants à leur chapelle.
Agir sur l’eau, du pied des murs jusqu’au toit
Neige persistante, éclaboussures de pluie et enduits de ciment peu perméables favorisent l’humidité dans les maçonneries. Les parois intérieures et les peintures se dégradent.
Le programme associe reprise des abords et de l’étanchéité des murs enterrés, enduits à la chaux sur le clocheton et préparation des parois. La couverture doit retrouver des bardeaux de mélèze. Porte, vitraux et cloche relèvent d’une étape complémentaire : la protection du bâtiment précède ces finitions.
Une présence familière sur le chemin des cols
L’itinéraire du Tour du Queyras passe près de Sainte-Barbe avant le Villard ; il se poursuit vers le col des Estronques et la vallée de Saint-Véran. Pour celui qui marche, la chapelle marque une rencontre entre le paysage des sommets et celui des hameaux.
Sa sauvegarde conserve cette présence à hauteur d’homme : un toit de mélèze, des murs peints, un lieu que l’on a soutenu autrefois jusque par le produit de son travail. Prendre soin de Sainte-Barbe, c’est garder sur ce chemin la trace précise d’une communauté montagnarde et de sa foi.
