Notre-Dame-de-l’Assomption de Salles-sur-Mer : restaurer un témoin médiéval

Église Notre-Dame-de-l’Assomption de Salles-sur-Mer vue depuis le village
A soutenir ce mois-ci Ce lieu fait partie des 3 projets soumis au vote de la communauté.
Sauver les églises

À quelques kilomètres de La Rochelle, Salles-sur-Mer conserve une église dont les murs racontent près de neuf siècles de ruptures et de recommencements. Notre-Dame-de-l’Assomption s’élève dans un environnement de pierre et de verdure, avec une orientation nord-sud devenue l’un des signes de son histoire mouvementée.

Incendié, largement détruit puis reconstruit, le sanctuaire n’a jamais cessé de porter la mémoire du bourg. Aujourd’hui, l’urgence est moins spectaculaire mais très concrète : couvertures, escalier, sols et étanchéité demandent une restauration cohérente, tandis que la création de nouveaux vitraux poursuit le dialogue entre l’édifice ancien et le savoir-faire contemporain.

Une église médiévale plusieurs fois relevée

Le premier sanctuaire est édifié entre les XIe et XIIe siècles sur des terres liées au château du Roullet. Son plan roman en croix latine comprend alors une nef, un transept avec deux absides et un chœur tourné vers l’est. Des éléments des XIIe et XIIIe siècles témoignent encore d’une architecture gothique angevine, notamment dans les volumes du chœur et de la chapelle latérale.

La guerre de Cent Ans ouvre une longue suite d’épreuves. Le bâtiment est atteint lors de l’offensive anglaise de 1356, puis de nouveau très largement détruit pendant les guerres de Religion. Après le siège de La Rochelle, il est reconstruit au XVIIe siècle sur les parties anciennes qui ont résisté. Le nouveau plan rectangulaire adopte alors l’orientation nord-sud visible aujourd’hui.

Les siècles suivants poursuivent cette transformation. Des boiseries complètent le chœur au XVIIIe siècle. Au XIXe, la nef est prolongée vers le nord et une tribune de bois est aménagée. Sous cette succession d’interventions, l’arc triomphal, les colonnes à chapiteaux sculptés et certaines voûtes maintiennent le lien avec l’église médiévale.

Rétablir la solidité, l’étanchéité et la lumière

Un diagnostic récent a mis en évidence plusieurs fragilités. Les couvertures de la nef et du clocher doivent être reprises pour protéger durablement les maçonneries. L’escalier à vis et les sols appellent eux aussi des interventions adaptées. Sans traitement d’ensemble, l’humidité et les infiltrations risquent d’endommager progressivement les parties anciennes conservées.

La campagne prévue porte notamment sur :

  • la restauration des couvertures de la nef et du clocher ;
  • la remise en état de l’escalier à vis ;
  • la reprise des sols fragilisés ;
  • le rétablissement de la solidité et de l’étanchéité générales ;
  • la poursuite du programme de vitraux dans des tonalités bleues et jaunes.

Quatre verrières ont déjà été remplacées. Six autres créations doivent compléter cet ensemble sous la conduite du maître-verrier Philippe Riffaud. Ce choix ne cherche pas à fabriquer un faux décor ancien : il assume une intervention contemporaine accordée aux couleurs déjà installées et à la lumière chaude de la pierre charentaise.

Notre-Dame de Salles-sur-Mer : jalons historiques

  • XIe-XIIe siècles : construction du sanctuaire médiéval ;
  • 1356 : destruction liée aux combats de la guerre de Cent Ans ;
  • XVIe siècle : nouvelles destructions pendant les guerres de Religion ;
  • XVIIe siècle : reconstruction après le siège de La Rochelle ;
  • XIXe siècle : prolongement de la nef et aménagement de la tribune ;
  • Aujourd’hui : restauration du bâti et poursuite du programme de vitraux.

Transmettre un lieu qui a traversé les blessures de l’histoire

Notre-Dame-de-l’Assomption demeure d’abord l’église paroissiale de Salles-sur-Mer. Elle accueille le culte, mais aussi des concerts et des visites qui permettent de mieux comprendre l’histoire du bourg. Ces usages ne s’opposent pas : ils rappellent qu’un patrimoine religieux peut rester habité, expliqué et partagé sans perdre sa vocation première.

La longue histoire de l’édifice invite à l’humilité. Chaque génération n’en a reçu qu’une partie et a dû réparer ce que les guerres, le temps ou les transformations avaient fragilisé. Les pierres conservées ne gomment pas les ruptures ; elles témoignent de la décision répétée de relever l’église.

En préparant ce projet pour un prochain cycle, PaxCoeur souhaite honorer cette fidélité. Restaurer Notre-Dame-de-l’Assomption, c’est protéger un lieu de prière, garder lisibles les traces du Moyen Âge et permettre à la lumière nouvelle des vitraux d’accompagner encore la vie du village.

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