Chemin de la perfection Section 1 sur 44
Table des matières Section 1 sur 44
Table des matières Chemin de la perfection
  1. 1 Prologue
  2. 2 Du motif pour lequel j’ai soumis ce monastère à une si étroite observance.
  3. 3 Il ne faut pas se mettre en peine des nécessités corporelles.
  4. 4 Suite du sujet commencé dans le premier chapitre. – L’occupation continuelle des soeurs doit être de prier Dieu pour ceux qui travaillent au bien de l’Eglise
  5. 5 Observation de la règle.- Trois points importants dans la vie spirituelle.
  6. 6 Combien il importe que les confesseurs soient instruits.
  7. 7 Reprise et suite de l’amour parfait.
  8. 8 Suite du même sujet.- Quelques avis pour obtenir l’amour spirituel.
  9. 9 Du détachement intérieur et extérieur.
  10. 10 Combien il importe aux religieux de rompre avec leurs parents et quels amis vraiment dignes de ce nom trouvent-elles alors.
  11. 11 Du détachement de nous-mêmes et de l’humilité.
  12. 12 De la mortification dans les maladies.
  13. 13 Il faut faire peu de cas de la vie et de l’honneur, quand on aime Dieu véritablement.
  14. 14 Celui qui aime Dieu véritablement doit faire peu de cas de la vie et de l’honneur.
  15. 15 Combien il importe de ne point admettre à la profession les personnes qui n’ont point les qualités nécessaires.
  16. 16 Il ne faut point s’excuser, même quand on est condamné sans être coupable.
  17. 17 La contemplation demande une plus haute perfection de vie que la simple oraison.- Pourquoi cependant Dieu élève quelquefois des âmes dissipées à la contemplation parfaite.
  18. 18 Toutes les âmes ne sont pas faites pour la contemplation.- Quelques-unes n’y arrivent que tard. – L’âme véritablement humble doit être contente de la voie par laquelle Notre-Seigneur la conduit.
  19. 19 Suite du même sujet – Les souffrances des contemplatifs dépassent de beaucoup celles des personnes qui sont dans la vie active. – Celles-ci trouvent là une grande consolation.
  20. 20 De l’oraison. – Quelques avis aux âmes incapables de longs raisonnements.
  21. 21 Des consolations diverses qu’apportent l’oraison et du bienfait de les partager avec d’autres.
  22. 22 Combien il importe de commencer à faire oraison avec une volonté résolue.
  23. 23 Nature de l’oraison mentale.
  24. 24 De la constance dans l’oraison.
  25. 25 Des prières vocales et de l’attention qu’il y faut joindre.
  26. 26 La prière vocale bien faite mène quelquefois à une oraison supérieure.
  27. 27 Manière et moyens de se recueillir.
  28. 28 Du grand amour que Notre-Seigneur nous a témoigné dans les premières paroles du Pater noster. – Les religieuses qui veulent avoir Dieu pour père ne feront aucun cas des avantages de la naissance.
  29. 29 Nature de l’oraison de recueillement. – Quelques moyens pour en contracter l’habitude.
  30. 30 Autres moyens d’obtenir l’oraison de recueillement.
  31. 31 De ces paroles du Pater: Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Leur application à l’oraison de quiétude qui commence d’être expliquée.
  32. 32 Nature de l’oraison de quiétude.
  33. 33 Sur ces paroles du Pater: Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
  34. 34 Sur ces paroles du Pater: Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.
  35. 35 Suite du même sujet.
  36. 36 Fin du même sujet.
  37. 37 Sur ces paroles: Pardonnes-nous nos offenses.
  38. 38 Excellence particulière du Pater.
  39. 39 Sur ces paroles du Pater: Ne nous laissez point succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal.
  40. 40 Digression sur quelques tentations plus subtiles.
  41. 41 L’amour et la crainte de Dieu nous arment contre les tentations.
  42. 42 De la crainte de Dieu et de la fuite du péché véniel.
  43. 43 Sur ces dernières paroles du Pater noster: Mais délivres-nous du mal.
  44. 44 Ancien chapitre du manuscrit de Valladolid

Section 1

Prologue

Dans ce prologue, Thérèse explique pourquoi elle écrit: à la demande insistante des sœurs de Saint-Joseph et avec la permission de son confesseur. Elle ne se présente ni comme maître ni comme écrivain habile, mais comme une sœur qui obéit, demande des prières et remet…

Texte de Sainte Thérèse d’Avila

Les soeurs de ce monastère de Saint-Joseph m’ont suppliée de leur donner quelque écrit sur l’oraison. Elles savaient que mon confesseur actuel, le P. Présenté, Fr. Dominique Banès, de l’ordre du glorieux saint Dominique, me l’avait permis. Comme lui elles pensaient que j’y serais aidée par les rapports que j’ai eus avec beaucoup de personnes spirituelles et saintes. Elles m’ont enfin tellement importunée que je me décide à leur obéir.

Quoique imparfait et mal écrit, ce travail d’une personne qu’elles aiment, leur sera plus agréable que d’autres livres d’excellent style et composés par des maîtres. J’ai confiance en leurs prières; elles m’obtiendront du Seigneur, je l’espère, la grâce d’une parole utile et appropriée au genre de vie de cette maison. Si je n’atteins pas ce but, le P. Présenté qui, le premier, doit lire mon écrit, le corrigera ou le jettera au feu. Pour moi, je n’aurai rien perdu en obéissant à ces servantes de Dieu, qui verront d’ailleurs ce que j’ai de moi-même, quand le Seigneur ne m’assiste pas.

Mon dessein est d’indiquer quelques remèdes à certaines petites tentations qui viennent du démon et qui par cela même qu’elles sont si petites, n’inspirent peut-être aucune crainte. Je traiterai aussi d’autres points selon que le Seigneur m’en donnera l’intelligence et que je pourrai m’en souvenir. Ne sachant pas ce que j’ai à dire, je ne puis le dire avec ordre; et j’estime préférable d’y renoncer, puisque c’est déjà un si grand désordre que je m’occupe, moi, de ce sujet.

Je supplie le Seigneur de mettre lui-même la main à ce travail, pour qu’il soit conforme à sa sainte volonté. Je n’ai jamais d’autre désir; malheureusement les œuvres sont imparfaites comme moi. Mais, j’en suis sûre, ni l’affection ni le zèle ne me manquent pour aider de tout mon pouvoir les âmes de mes soeurs à progresser beaucoup dans le service de Dieu. Cet amour, joint à mon âge et à mon expérience de ce qui se passe dans quelques monastères, me fera peut-être, en de petites choses, mieux rencontrer que les savants. Ceux-ci, en effet, occupés d’œuvres plus importantes, et doués d’un caractère plus fort, tiennent peu compte de détails qui en soi semblent n’être rien; tandis que tout peut faire du mal à de faibles créatures comme nous. Le démon multiplie les artifices contre les religieuses de clôture stricte; pour nuire il se voit forcé de recourir à de nouvelles armes. Imparfaite comme je le suis, j’ai mal su me défendre. Aussi voudrais-je que mes soeurs profitassent de mes fautes. Je n’avancerai rien dont je n’aie eu l’expérience, ou pour l’avoir éprouvé en moi, ou pour l’avoir vu dans les autres.

Il n’y a pas longtemps, j’ai écrit par obéissance une relation de ma vie, dans laquelle j’ai inséré quelques points sur l’oraison. Comme peut-être mon confesseur ne vous en permettra pas la lecture, j’en redirai ici quelque chose, ajoutant ce que je croirai nécessaire. Daigne le Seigneur tenir lui-même la plume, comme je l’en ai supplié, et faire tourner cet écrit à sa plus grande gloire. Amen.

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