1 Corinthiens – Chapitre 7 : Fidélité à l’État de Vie et Liberté Chrétienne

C’est le grand chapitre de Paul sur le mariage, le célibat et la vocation. Les Corinthiens lui ont écrit pour lui poser des questions brûlantes sur la sexualité et l’état de vie. Sa réponse est d’une extraordinaire finesse : il ne donne pas une loi unique pour tous, mais il éclaire chaque situation avec la lumière du Christ et de l’Esprit.
Le principe de fond est magnifique : chacun a reçu de Dieu un don particulier (v. 7). Le mariage est un don splendide. Le célibat consacré en est un autre. Aucun n’est supérieur en soi ; tout dépend de l’appel reçu et de la fidélité à cet appel.
Paul est très concret : – Dans le mariage, les corps s’appartiennent mutuellement ; il n’y a pas de place pour le refus égoïste. – Le mariage entre un croyant et un non-croyant peut être sanctifiant et doit être préservé si l’autre le veut. – Le célibat « pour le Royaume » permet une disponibilité totale au Seigneur, surtout quand « le temps est court ».
Et surtout, la phrase qui a libéré des milliers de cœurs : « Que chacun demeure dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé » (v. 20, 24). Dieu ne demande pas à tout le monde de changer d’état de vie ; il demande à chacun de devenir saint là où il est.
Ce chapitre est un hymne à la vocation personnelle et à la liberté des enfants de Dieu.
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1 Corinthiens – Chapitre 7
1. Pour ce qui concerne les questions que vous m’avez écrites, je dis qu’il est bon pour l’homme de ne pas toucher de femme.
2. Toutefois, pour éviter l’impureté, que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari.
3. Que le mari remplisse envers sa femme son devoir conjugal, et que la femme fasse de même envers son mari.
4. La femme ne dispose pas de son corps, mais le mari ; pareillement, le mari ne dispose pas de son corps, mais la femme.
5. Ne vous privez pas l’un de l’autre, sauf d’un commun accord, pour un temps, afin de vous consacrer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente à cause de votre manque de continence.
6. Je dis cela par indulgence, non comme un ordre.
7. Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi ; mais chacun reçoit de Dieu son propre don, l’un d’une manière, l’autre d’une autre.
8. À ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de demeurer comme moi.
9. Mais s’ils ne peuvent se contenir, qu’ils se marient ; car mieux vaut se marier que brûler.
10. Quant à ceux qui sont mariés, je leur prescris — non pas moi, mais le Seigneur — que la femme ne se sépare pas de son mari,
11. et si elle est séparée, qu’elle demeure sans se remarier, ou qu’elle se réconcilie avec son mari ; et que le mari ne renvoie point sa femme.
12. Pour les autres, ce n’est pas le Seigneur, c’est moi qui dis : si un frère a une femme non croyante, et qu’elle consente à vivre avec lui, qu’il ne la renvoie pas ;
13. et si une femme a un mari non croyant, et qu’il consente à vivre avec elle, qu’elle ne renvoie pas son mari.
14. Car le mari non croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non croyante est sanctifiée par son mari ; autrement vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints.
15. Si le non-croyant veut se séparer, qu’il se sépare ; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appelés à vivre en paix.
16. Que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Ou toi, mari, si tu sauveras ta femme ?
17. Que chacun marche selon la part que le Seigneur lui a donnée, selon l’appel qu’il a reçu de Dieu. C’est ce que je prescris dans toutes les Églises.
18. Quelqu’un a-t-il été circoncis lors de son appel ? Qu’il ne cherche pas à redevenir incirconcis. Quelqu’un a-t-il été incirconcis lors de son appel ? Qu’il ne se fasse pas circoncire.
19. La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien : ce qui importe, c’est d’observer les commandements de Dieu.
20. Que chacun demeure dans la condition où il était lors de son appel.
21. As-tu été appelé étant esclave ? Ne t’en inquiète pas ; mais si tu peux devenir libre, profite plutôt de cette liberté.
22. Car l’esclave appelé dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur ; de même, celui qui a été appelé étant libre est un esclave du Christ.
23. Vous avez été rachetés à grand prix : ne devenez pas esclaves des hommes.
24. Que chacun, frères, demeure devant Dieu dans l’état où il se trouvait lorsqu’il a été appelé.
25. Pour ce qui est des vierges, je n’ai pas d’ordre du Seigneur ; je donne seulement un avis, comme quelqu’un qui, par la miséricorde du Seigneur, est digne de confiance.
26. À cause des difficultés présentes, j’estime qu’il est bon pour l’homme de rester tel qu’il est.
27. Es-tu lié à une femme ? Ne cherche pas à rompre ce lien. N’es-tu pas lié à une femme ? Ne cherche pas à en contracter un.
28. Si toutefois tu te maries, tu ne pèches pas ; et si la vierge se marie, elle ne pèche pas. Mais ceux qui se marient auront des tribulations dans la chair, et je voudrais vous les éviter.
29. Voici ce que je dis, frères : le temps est court. Que désormais ceux qui ont une femme soient comme n’en ayant pas ;
30. ceux qui pleurent comme ne pleurant pas ; ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas ; ceux qui achètent comme ne possédant pas ;
31. et ceux qui usent du monde comme n’en usant pas pleinement ; car la figure de ce monde passe.
32. Je voudrais que vous soyez sans inquiétude. Celui qui n’est pas marié se préoccupe des choses du Seigneur, de la manière de plaire au Seigneur ;
33. mais celui qui est marié se préoccupe des choses du monde, de la manière de plaire à sa femme,
34. et il est partagé. La femme non mariée se préoccupe des choses du Seigneur, afin d’être sainte de corps et d’esprit ; mais celle qui est mariée se préoccupe des choses du monde, de la manière de plaire à son mari.
35. Je dis cela dans votre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour vous porter à ce qui est convenable et à vous attacher au Seigneur sans distraction.
36. Si quelqu’un pense qu’il n’agit pas convenablement envers sa jeune fille, et si la nécessité l’y pousse, qu’il fasse ce qu’il veut : il ne pèche pas ; qu’ils se marient.
37. Mais celui qui, ferme dans son cœur, sans contrainte, maître de sa volonté, a résolu de garder sa jeune fille vierge, fait bien.
38. Ainsi, celui qui marie sa fille fait bien, et celui qui ne la marie pas fait mieux.
39. Une femme est liée aussi longtemps que son mari vit ; mais si son mari meurt, elle est libre de se remarier à qui elle veut, pourvu que ce soit dans le Seigneur.
40. Elle sera plus heureuse, selon mon avis, si elle demeure comme elle est ; et je pense, moi aussi, avoir l’Esprit de Dieu.
Version PaxCœur — Texte modernisé d’après la traduction catholique Crampon (1923)
Pour aller plus loin : comprendre & vivre 1 Corinthiens 7
Paul préfère-t-il le célibat au mariage ?
Il préfère le célibat pour lui-même et pour ceux qui ont reçu ce charisme, parce qu’il permet une disponibilité totale au Seigneur (v. 32-35). Mais il dit clairement que le mariage est un grand bien et même un remède contre l’impudicité (v. 2, 9). L’Église a toujours enseigné que les deux états de vie sont saints et peuvent mener à la perfection (CEC § 1618-1620).
« Le corps du conjoint appartient à l’autre » : est-ce une perte de liberté ?
C’est au contraire le plus beau don de soi. Dans le sacrement de mariage, les époux se donnent totalement et définitivement, corps compris. Refuser la relation conjugale sans motif grave est une injustice (CEC § 2366-2370).
Peut-on rester marié avec un conjoint non-croyant ?
Oui, et même on le doit si l’autre accepte de vivre en paix. Le conjoint croyant sanctifie la maison et les enfants sont saints (v. 14). C’est une magnifique mission d’évangélisation par la patience et l’amour (CEC § 1634).
« Que chacun demeure dans l’état où il a été appelé » : cela veut-il dire qu’on ne peut jamais changer ?
Non. Paul parle de fidélité à l’appel reçu au moment de la conversion. Un esclave n’a pas à se révolter, un circoncis n’a pas à se faire incirconcire… Mais si la Providence ouvre une porte (libération, veuvage, etc.), on peut la franchir. L’important est de chercher la volonté de Dieu là où on est, aujourd’hui.
Pourquoi Paul dit-il « le temps est court » ?
Parce que la venue du Seigneur est proche (dans l’histoire de l’Église, pas forcément dans le calendrier). Cela donne une urgence joyeuse : ne nous attachons pas de façon désordonnée aux réalités passagères. Le mari aime sa femme… comme si la figure de ce monde passait. La femme aime son mari… en gardant le cœur libre pour le Seigneur.
Une résolution très concrète
Ce soir, prends cinq minutes en couple ou seul(e) et pose-toi la question : « Dans mon état de vie actuel, comment puis-je plaire davantage au Seigneur ? » Un petit acte d’amour conjugal, une prière plus longue, un sourire donné… tout compte.
Prière inspirée de 1 Corinthiens 7
Seigneur Jésus,
toi qui as sanctifié le mariage à Cana
et choisi le célibat pour le Royaume,
merci pour le don merveilleux de mon état de vie.
Donne-moi de vivre mon mariage avec une générosité totale
ou mon célibat avec une joie sans partage.
Que je demeure fidèle à l’appel que tu m’as adressé,
et que toute ma vie, mariée ou célibataire,
soit une réponse d’amour à ton amour.
Amen.