Épître aux Romains – Chapitre 7 : Loi, Péché et Combat Intérieur

Paul vient de dire que nous sommes morts au péché par le baptême. Alors pourquoi continuons-nous à tomber ? Pourquoi le combat intérieur est-il si violent ?
Dans ce chapitre, il met son propre cœur à nu et décrit le drame de tout homme régénéré : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas » (v. 19).
Puis, au milieu de la nuit, jaillit le cri le plus désespéré et le plus vrai de toute l’Écriture : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? » (v. 24)
Et déjà, avant même le chapitre 8, Paul donne la réponse : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! »
Ce chapitre n’est pas un constat de défaite. C’est le cri d’un vivant qui souffre de ne pas encore être pleinement saint.
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Romains – Chapitre 7
1. Ignorez-vous, frères — car je m’adresse à des personnes qui connaissent la Loi — que la Loi n’a pouvoir sur l’homme que durant sa vie ?
2. Ainsi, la femme mariée est liée par la Loi à son mari tant qu’il vit ; mais si le mari meurt, elle est libérée de la loi qui la liait à lui.
3. De sorte que, du vivant de son mari, si elle devient la femme d’un autre, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la Loi, et elle n’est pas adultère en devenant la femme d’un autre.
4. De même, mes frères, vous aussi, vous avez été mis à mort à l’égard de la Loi par le corps du Christ, afin d’appartenir à un autre — à celui qui est ressuscité d’entre les morts — pour que nous portions du fruit pour Dieu.
5. Car, lorsque nous vivions selon la chair, les passions du péché, provoquées par la Loi, agissaient en nos membres pour porter des fruits qui menaient à la mort.
6. Mais maintenant nous avons été dégagés de la Loi, étant morts à ce qui nous retenait captifs, de sorte que nous servons dans la nouveauté de l’Esprit, et non dans la vieillesse de la lettre.
7. Que dirons-nous donc ? La Loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n’ai connu le péché que par la Loi ; car je n’aurais pas connu la convoitise si la Loi n’avait dit : « Tu ne convoiteras pas. »
8. Mais le péché, saisissant l’occasion par le commandement, a fait naître en moi toutes sortes de convoitises ; car sans la Loi, le péché est inactif.
9. Autrefois, je vivais sans la Loi ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus.
10. Ainsi, le commandement qui devait conduire à la vie se trouva pour moi conduire à la mort.
11. Car le péché, profitant du commandement, me séduisit et, par lui, me fit mourir.
12. La Loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.
13. Ce qui est bon est-il donc devenu pour moi cause de mort ? Loin de là ! C’est le péché — pour se manifester comme péché — qui m’a donné la mort par ce qui est bon, afin que, grâce au commandement, le péché apparaisse comme excessivement pécheur.
14. Nous savons en effet que la Loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché.
15. Car je ne comprends pas ce que je fais : je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je hais.
16. Si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la Loi est bonne.
17. Mais alors, ce n’est plus moi qui accomplis cela, c’est le péché qui habite en moi.
18. Car je sais que le bien n’habite pas en moi — c’est-à-dire dans ma chair. J’ai la volonté de faire le bien, mais non la capacité de l’accomplir.
19. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je ne veux pas.
20. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, mais le péché qui habite en moi.
21. Je trouve donc en moi cette loi : lorsque je veux faire le bien, le mal se trouve à mes côtés.
22. Car je prends plaisir à la Loi de Dieu selon l’homme intérieur,
23. mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon esprit et qui me rend captif de la loi du péché qui habite dans mes membres.
24. Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps voué à la mort ?
25. Grâce soit rendue à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur ! Ainsi donc, moi-même, par l’esprit, je suis soumis à la Loi de Dieu, mais par la chair, à la loi du péché.
Version PaxCœur — Texte modernisé d’après la traduction catholique Crampon (1923)
Pour aller plus loin : comprendre & vivre Romains 7
Paul parle-t-il ici de sa vie avant ou après sa conversion ?
Les Pères de l’Église et les grands docteurs catholiques (saint Augustin, saint Thomas d’Aquin) sont unanimes : Paul décrit ici l’état de l’homme régénéré par le baptême, mais encore en lutte dans cette vie. Un homme qui aime la loi de Dieu de tout son cœur (v. 22), mais qui expérimente la faiblesse de la chair. Ce n’est pas l’état d’un païen, c’est l’état de tout chrétien sincère qui veut être saint.
Si tu ne te reconnais pas dans Romains 7, c’est que tu n’as pas encore commencé à aimer Dieu sérieusement.
Pourquoi la loi, qui est sainte, produit-elle la mort ?
Parce qu’elle montre le péché sans donner la force de le vaincre. Elle est comme un miroir : elle révèle la saleté, mais ne lave pas. Elle augmente même la conscience du péché et, par réaction, la convoitise. Elle est bonne, mais elle ne peut devenir mortelle sans la grâce.
La loi est un pédagogue sévère qui nous conduit jusqu’au Christ (Ga 3,24).
« Ce n’est plus moi qui le fais, mais le péché qui habite en moi » : est-ce une excuse ?
Non. Paul ne se dédouane pas. Il distingue simplement la partie de lui qui aime Dieu (l’homme intérieur) de la partie encore captive du péché originel (la chair). La responsabilité demeure, mais le combat est réel.
Le diable veut que tu croies que c’est « toi ». Dieu veut que tu saches que c’est « le péché en toi » pour que tu cries vers Lui.
Pourquoi le cri « Misérable que je suis ! » est-il une bonne nouvelle ?
Parce que tant qu’on ne pousse pas ce cri, on reste dans l’illusion de la suffisance. Le désespoir saint de Romains 7 est la porte étroite qui mène à la délivrance totale de Romains 8. Tous les saints sont passés par là.
Le jour où tu pleures sur ton péché comme un enfant, tu es déjà à deux doigts d’être exaucé.
Comment sortir du cycle décrit dans ce chapitre ?
En ne restant pas dans Romains 7. Paul ne termine pas sur le désespoir. Il annonce déjà la victoire : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ ! » La réponse complète arrive au chapitre 8 : c’est l’Esprit Saint qui nous libère.
Le chemin : baptême → lutte → cri → Esprit → victoire.
Ce chapitre est-il une raison pour baisser les bras ?
Jamais. Il est une raison pour ne plus se faire d’illusions sur soi-même et pour s’appuyer totalement sur la grâce. Plus tu avances en sainteté, plus tu ressens Romains 7. Les orgueilleux, eux, ne le ressentent jamais.
La vraie humilité commence quand on accepte d’être Romains 7.
Prière à dire quand on est en plein Romains 7
Misérable que je suis !
Je veux t’aimer et je retombe.
Je veux te servir et je me sers moi-même.
Je hais ce que je fais et je le fais quand même.
Seigneur Jésus, Toi qui connais ma faiblesse,
ne me laisse pas dans ce corps de mort.
Viens me délivrer.
Je n’attends plus rien de moi.
J’attends tout de Toi.
Amen.