Actes des Apôtres – Chapitre 19

Actes 19 – « Grande est la Diane des Éphésiens ! »

Dans ce dix-neuvième chapitre des Actes des Apôtres, Paul arrive à Éphèse, grande métropole religieuse d’Asie. Il rencontre d’abord douze disciples qui n’avaient reçu que le baptême de Jean. Paul leur impose les mains : le Saint-Esprit descend avec puissance, ils parlent en langues et prophétisent.

Pendant plus de deux ans, Paul enseigne chaque jour dans l’école de Tyrannus. L’Évangile se répand dans toute l’Asie, accompagné de miracles extraordinaires : guérisons par des linges ayant touché Paul, délivrances spectaculaires, et un immense autodafé de livres de magie valant 50 000 pièces d’argent.

Mais la Parole dérange. L’émeute éclate, menée par l’orfèvre Démétrius. Pendant deux heures, la foule hurle dans le théâtre : « Grande est la Diane des Éphésiens ! » L’Évangile vient de renverser les idoles… et rien ne pourra l’arrêter.

Écouter Actes des Apôtres chapitre 19 en audio

Chapitre 19 : Paul à Éphèse – le Saint-Esprit, les miracles et l’émeute des orfèvres

1. Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul traversa les hautes provinces et arriva à Éphèse. Là, il rencontra quelques disciples

2. et leur demanda : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit lorsque vous êtes devenus croyants ? » Ils répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. »

3. Paul reprit : « Quel baptême avez-vous donc reçu ? » Ils dirent : « Le baptême de Jean. »

4. Alors Paul expliqua : « Jean baptisait d’un baptême de conversion, invitant le peuple à croire en celui qui devait venir après lui, c’est-à-dire en Jésus. »

5. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus.

6. Paul leur imposa ensuite les mains ; le Saint-Esprit descendit sur eux, et ils se mirent à parler en langues et à prophétiser.

7. Ils étaient en tout environ douze hommes.

8. Paul se rendit ensuite à la synagogue, où il parlait avec assurance. Pendant trois mois, il discuta des réalités du Royaume de Dieu, cherchant à convaincre ses auditeurs.

9. Mais certains s’endurcissaient, refusaient de croire et dénigraient la voie du Seigneur devant la foule. Paul se retira alors d’eux, prit avec lui les disciples et enseigna chaque jour dans l’école d’un nommé Tyrannus.

10. Cela dura deux ans, si bien que tous les habitants de l’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur.

11. Dieu accomplissait par les mains de Paul des miracles peu ordinaires,

12. au point que l’on appliquait sur les malades des linges ou des mouchoirs qui avaient touché son corps : les maladies disparaissaient et les esprits mauvais sortaient.

13. Quelques exorcistes juifs itinérants entreprirent aussi d’invoquer sur les possédés le nom du Seigneur Jésus en disant : « Je vous adjure par Jésus, celui que Paul proclame ! »

14. Parmi ceux qui agissaient ainsi se trouvaient les sept fils de Scéva, un des principaux prêtres juifs.

15. Mais l’esprit mauvais leur répondit : « Jésus, je le connais, et Paul, je sais qui il est ; mais vous, qui êtes-vous ? »

16. Et l’homme possédé se jeta sur eux, triompha de deux d’entre eux et les maltraita si bien qu’ils s’enfuirent de la maison nus et blessés.

17. L’affaire se répandit parmi les Juifs et les Grecs d’Éphèse ; la crainte saisit tout le monde, et le nom du Seigneur Jésus était exalté.

18. Beaucoup de ceux qui avaient cru venaient avouer et confesser leurs pratiques.

19. Plusieurs de ceux qui s’adonnaient aux arts magiques apportèrent leurs livres et les brûlèrent devant tous. On en estima la valeur à environ cinquante mille pièces d’argent.

20. Ainsi la parole du Seigneur se répandait et gagnait en force.

21. Après ces événements, Paul forma le projet de se rendre à Jérusalem en traversant la Macédoine et l’Achaïe. Il disait : « Après y être allé, il faut aussi que je me rende à Rome. »

22. Il envoya en Macédoine deux de ses auxiliaires, Timothée et Éraste, mais demeura encore quelque temps en Asie.

23. À cette époque éclata un grand tumulte au sujet de la voie du Seigneur.

24. Un certain Démétrius, orfèvre, fabriquait de petits temples d’argent représentant Artémis, et procurait à ses ouvriers de substantiels profits.

25. Il réunit ses ouvriers et ceux du même métier, et leur dit : « Mes amis, vous savez que notre prospérité dépend de cet artisanat ;

26. or vous voyez et entendez que ce Paul persuade et détourne une foule de gens, non seulement à Éphèse mais dans presque toute l’Asie, en affirmant que les dieux façonnés par des mains humaines ne sont pas des dieux.

27. Le danger n’est pas seulement que notre profession tombe en discrédit, mais encore que le temple de la grande déesse Artémis soit tenu pour rien, et que sa majesté — vénérée dans toute l’Asie et dans le monde entier — soit réduite à néant. »

28. À ces mots, la colère s’enflamma ; ils se mirent à crier : « Grande est l’Artémis des Éphésiens ! »

29. Toute la ville fut en émoi ; on se précipita en foule vers le théâtre, entraînant Gaïus et Aristarque, deux Macédoniens compagnons de voyage de Paul.

30. Paul voulait se présenter devant le peuple, mais les disciples l’en empêchèrent.

31. Même quelques Asiarques, qui lui étaient favorables, lui envoyèrent dire de ne pas s’exposer en allant au théâtre.

32. Les uns criaient une chose et les autres le contraire, car l’assemblée était confuse, et la plupart ne savaient même pas pourquoi ils étaient réunis.

33. Alors quelques-uns poussèrent en avant un certain Alexandre, que les Juifs avaient mis en avant. Celui-ci voulut prendre la parole et fit signe de la main pour parler.

34. Mais dès qu’ils comprirent qu’il était Juif, tous se mirent à crier d’une seule voix, durant près de deux heures : « Grande est l’Artémis des Éphésiens ! »

35. Enfin le secrétaire de la ville réussit à calmer la foule : « Hommes d’Éphèse, qui ignore que la ville d’Éphèse est la gardienne du temple de la grande Artémis et de son image tombée du ciel ?

36. Puisque cela est incontestable, vous devez rester calmes et ne rien faire avec précipitation.

37. Ces hommes que vous avez amenés ne sont ni des profanateurs de temples ni des blasphémateurs de notre déesse.

38. Si Démétrius et les ouvriers qui l’accompagnent ont un grief contre quelqu’un, il existe des tribunaux et des proconsuls : qu’ils s’intentent un procès.

39. Et si vous avez d’autres réclamations, elles pourront être traitées dans une assemblée régulière.

40. Nous courons même le risque d’être accusés de sédition à cause de ce tumulte d’aujourd’hui, puisque nous ne pourrions justifier cette agitation. »

41. Et, après ces mots, il renvoya l’assemblée.

Version PaxCœur — Texte modernisé d’après la traduction catholique Crampon (1923)

Pour aller plus loin : comprendre & vivre Actes 19

Pourquoi ces disciples d’Éphèse n’avaient-ils jamais entendu parler du Saint-Esprit ?

Ils avaient reçu le baptême de Jean-Baptiste, un baptême de repentance puissant, mais encore tourné vers l’attente du Messie. Leur foi était sincère, mais incomplète : ils connaissaient le pardon, pas encore la plénitude de la vie dans l’Esprit.

Cela nous rappelle qu’on peut être proche du Royaume et pourtant manquer l’essentiel : la rencontre personnelle avec le Christ ressuscité et le don de son Esprit.

Il n’y a pas de christianisme véritable sans la venue du Saint-Esprit dans le cœur.

Que se passe-t-il exactement quand Paul leur impose les mains ?

Le baptême au nom de Jésus et l’imposition des mains provoquent une effusion visible du Saint-Esprit : langues, prophéties, joie débordante. C’est une sorte de « Pentecôte éphésienne » en miniature.

Dieu ne laisse jamais une foi sincère sans réponse : Il complète ce qui manque et donne la pleine mesure de sa vie.

Le Saint-Esprit n’est pas un supplément d’âme : Il est la vie même de l’Église naissante.

Pourquoi Paul quitte-t-il la synagogue pour l’école de Tyrannus ?

Face à l’endurcissement d’une partie des Juifs, Paul choisit la séparation pour protéger la liberté de la Parole. L’école de Tyrannus devient un lieu neutre, ouvert à tous, où l’Évangile peut être enseigné sans entrave.

Deux ans d’enseignement quotidien, souvent à l’heure la plus chaude (11 h-16 h, selon certaines traditions), montrent le prix de la mission.

Quand une porte se ferme, Dieu en ouvre une plus large, parfois dans les lieux les plus inattendus.

Que signifient les miracles extraordinaires par les linges ayant touché Paul ?

Dieu manifeste sa puissance de façon tangible pour confirmer la Parole et libérer les corps et les âmes. Ce n’est pas la magie des objets, mais la foi en Jésus qui guérit et délivre.

Ces signes rappellent que le Royaume n’est pas seulement proclamation : il est aussi victoire concrète sur la maladie et les forces du mal.

Dieu peut se servir de tout — même d’un mouchoir — pour rejoindre ceux qui souffrent.

Pourquoi l’échec tragique des fils de Scéva est-il si important ?

Le nom de Jésus n’est pas une formule magique qu’on peut manipuler sans relation personnelle avec Lui. Le démon reconnaît Jésus et Paul, mais pas ces exorcistes qui n’ont aucune communion avec le Christ.

L’épisode montre la différence entre la puissance authentique qui vient de la foi et l’imitation religieuse qui finit humiliée.

On ne joue pas avec le nom de Jésus : on s’y soumet ou on en subit le jugement.

Que signifie le grand autodafé des livres de magie ?

Cinquante mille pièces d’argent (l’équivalent de dizaines d’années de salaire) partent en fumée devant tout le monde. C’est une rupture radicale, publique, coûteuse avec l’occultisme.

La vraie conversion touche le portefeuille, les habitudes, les relations. On ne garde rien qui enchaîne encore à l’ancienne vie.

Quand la Parole entre, les idoles sortent — et parfois elles brûlent.

Pourquoi l’émeute éclate-t-elle précisément à cause de l’argent et non de la foi ?

Démétrius parle d’abord de son « bien-être » et seulement ensuite du temple de Diane. Le vrai mobile n’est pas la piété, mais l’intérêt économique menacé.

L’Évangile dérange toujours quand il touche aux idoles qui rapportent : argent, pouvoir, réputation.

Là où l’on perd de l’argent à cause de Jésus, on crie le plus fort contre Lui.

Que révèle le cri « Grande est la Diane des Éphésiens ! » répété deux heures ?

C’est une tentative désespérée de faire revivre une idole qui est déjà en train de mourir. Plus la vérité avance, plus les idoles crient fort — mais leur cri ne change rien à leur impuissance.

Deux heures de slogan ne font pas une vérité. La répétition ne remplace pas la réalité.

Les idoles les plus bruyantes sont souvent celles qui sont le plus proches de leur fin.

Pourquoi Paul veut-il absolument parler au milieu de l’émeute alors que tout le monde l’en empêche ?

Parce que l’amour du Christ le presse. Il est prêt à risquer sa vie pour que la vérité soit dite, même dans le chaos.

Les disciples et même des païens amis le retiennent : parfois Dieu protège son serviteur en fermant la porte que celui-ci voudrait ouvrir.

Le courage n’est pas toujours d’avancer ; parfois c’est d’accepter d’être retenu par amour.

Quel est le rôle surprenant du secrétaire de la ville ?

Un païen, fonctionnaire romain, devient l’instrument de la providence : il calme la foule, innocente les chrétiens, protège Paul sans le savoir.

Dieu se sert même de ceux qui ne le connaissent pas pour accomplir ses desseins et protéger son Église.

Le Royaume avance parfois par des chemins que personne n’avait prévus — même pas les croyants.

Quel message ce chapitre transmet-il pour ma vie aujourd’hui ?

Que le Saint-Esprit veut encore remplir ceux qui ouvrent leur cœur. Que la Parole, quand elle est accueillie, produit toujours des fruits visibles : délivrance, repentance, rupture avec les idoles.

Que l’Évangile dérangera toujours quelqu’un, mais qu’aucune émeute, aucune idole, aucun intérêt ne pourra l’arrêter.

Actes 19 nous invite à laisser brûler ce qui doit brûler, à laisser le Saint-Esprit nous envahir, et à ne jamais avoir peur quand le monde crie : le Royaume de Dieu est plus fort que toutes les Diane des Éphésiens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *