Épître aux Romains – Chapitre 15 : Charité, Unité et Espérance

Paul boucle la partie « morale » de son épître en reprenant le thème du chapitre 14 : le fort doit porter le faible, non pour se faire plaisir, mais pour édifier.
Le modèle absolu est le Christ lui-même : « Christ ne s’est point complu en lui-même » (v. 3).
Puis il ouvre l’horizon : l’Évangile est accomplissement des promesses faites aux pères, mais il est aussi miséricorde pour les nations. Tout converge vers l’unité : Juifs et païens glorifiant Dieu d’une seule voix.
Le chapitre se termine sur la tendresse de Paul pour la communauté de Rome et sur sa grande prière : « Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi » (v. 13).
Romains 15 est le chapitre de la charité adulte, de l’unité et de l’élan missionnaire.
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Romains – Chapitre 15
1. Nous qui sommes forts, nous devons porter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas chercher notre propre satisfaction.
2. Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain pour son bien, en vue de l’édifier.
3. Car le Christ n’a pas recherché ce qui lui plaisait ; mais, selon qu’il est écrit : « Les outrages de ceux qui t’insultent sont tombés sur moi. »
4. Or tout ce qui a été écrit auparavant l’a été pour notre instruction, afin qu’au moyen de la patience et de la consolation des Écritures, nous possédions l’espérance.
5. Que le Dieu de la patience et de la consolation vous accorde d’avoir les mêmes sentiments les uns envers les autres, selon le Christ Jésus,
6. afin que, d’un même cœur et d’une même voix, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ.
7. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.
8. Je le déclare : le Christ s’est fait serviteur des circoncis pour montrer la fidélité de Dieu et confirmer les promesses faites aux pères,
9. tandis que les nations glorifient Dieu à cause de sa miséricorde, selon qu’il est écrit : « C’est pourquoi je te louerai parmi les nations et je chanterai à la gloire de ton nom. »
10. Il est dit encore : « Nations, réjouissez-vous avec son peuple ! »
11. Et encore : « Louez le Seigneur, vous toutes les nations ; célébrez-le, vous tous les peuples ! »
12. Isaïe dit aussi : « Il sortira de Jessé un rejeton, celui qui se lèvera pour commander aux nations ; en lui les nations mettront leur espérance. »
13. Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, afin que vous abondiez en espérance par la puissance de l’Esprit Saint.
14. Pour ce qui vous concerne, mes frères, je suis convaincu que vous êtes vous-mêmes remplis de bonnes dispositions, remplis de toute connaissance, et capables de vous exhorter mutuellement.
15. Cependant, je vous ai écrit avec une certaine hardiesse, comme pour raviver votre mémoire, à cause de la grâce que Dieu m’a accordée
16. d’être ministre du Christ Jésus pour les nations, accomplissant le service sacré de l’Évangile de Dieu, afin que les nations deviennent une offrande agréable, sanctifiée par l’Esprit Saint.
17. J’ai donc sujet de me glorifier en Jésus Christ, en ce qui concerne l’œuvre de Dieu.
18. Car je n’oserais parler de quoi que ce soit que le Christ n’ait accompli par moi, pour amener les nations à l’obéissance, par la parole et par les actes,
19. par la puissance des signes et des prodiges, par la puissance de l’Esprit de Dieu. Ainsi, depuis Jérusalem et les pays voisins jusqu’en Illyrie, j’ai pleinement annoncé l’Évangile du Christ.
20. J’ai eu pour ambition de n’annoncer l’Évangile que là où le Christ n’avait pas encore été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui,
21. selon qu’il est écrit : « Ceux à qui il n’avait pas été annoncé verront, et ceux qui n’en avaient pas entendu parler comprendront. »
22. C’est pourquoi j’ai souvent été empêché d’aller vers vous.
23. Mais maintenant, n’ayant plus de champ d’action dans ces régions, et ayant depuis plusieurs années le désir d’aller vous voir,
24. lorsque je me rendrai en Espagne, j’espère vous voir en passant, et être accompagné par vous dans ce voyage, après avoir goûté un peu la joie de votre présence.
25. Pour l’instant, je vais à Jérusalem pour venir en aide aux saints.
26. Car la Macédoine et l’Achaïe ont bien voulu faire une collecte pour les pauvres parmi les saints de Jérusalem.
27. Elles l’ont voulu, et elles le leur doivent : puisque les nations ont participé à leurs biens spirituels, elles doivent aussi les assister dans les biens matériels.
28. Quand j’aurai achevé cette mission et que je leur aurai remis ces dons, je partirai pour l’Espagne, en passant par chez vous.
29. Et je sais qu’en allant vers vous, j’irai avec la pleine bénédiction du Christ.
30. Je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi en priant Dieu pour moi,
31. afin que je sois délivré des incrédules de Judée, et que mon service en faveur de Jérusalem soit bien accueilli des saints,
32. en sorte que j’arrive chez vous avec joie, si telle est la volonté de Dieu, et que je me repose quelque peu avec vous.
33. Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen.
Version PaxCœur — Texte modernisé d’après la traduction catholique Crampon (1923)
Pour aller plus loin : comprendre & vivre Romains 15
« Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses des faibles » : qui est fort ici ?
Celui qui a une conscience plus large, plus libre. La vraie force chrétienne n’est pas de faire valoir sa liberté, mais de se faire petit pour porter l’autre. C’est exactement ce qu’a fait le Christ.
La force se mesure au poids qu’on accepte de porter pour les autres.
Pourquoi Paul cite-t-il autant l’Ancien Testament pour les païens ?
Pour montrer que le salut des nations n’est pas un « plan B » de Dieu, mais qu’il était déjà annoncé par les prophètes. Tout était prévu depuis toujours : Israël premier servi, puis les nations appelées à la même table.
« Que le Dieu de l’espérance vous remplisse… » (v. 13) : la plus belle bénédiction de Paul
Cette prière résume tout Romains : joie et paix dans la foi, abondance d’espérance par l’Esprit Saint. On peut la redire chaque jour ; elle porte en elle la puissance de Dieu.
Paul a-t-il réussi à aller en Espagne ?
La Tradition (Clément de Rome, Muratori) dit que oui. Il a probablement été libéré après sa première captivité romaine, a prêché jusqu’aux confins de l’Occident, avant de revenir à Rome et d’y être martyrisé.
Son désir le plus cher a donc été exaucé.
Pourquoi Paul demande-t-il qu’on « combatte avec lui » en prière ?
Parce que la prière des frères est une force réelle dans le combat spirituel. L’apôtre, tout grand qu’il soit, a besoin de l’Église. Aucun ministère n’est solitaire.
Quand tu pries pour un prêtre, un missionnaire, un frère en difficulté, tu combats vraiment avec lui.
Application très concrète aujourd’hui
– Porter la faiblesse d’un frère au lieu de la critiquer. – Accueillir celui qui pense différemment sur des points secondaires. – Prier chaque jour la bénédiction de v. 13 sur quelqu’un. – Soutenir matériellement une œuvre missionnaire ou caritative.
Prière finale de Romains 15 à faire nôtre
Que le Dieu de l’espérance me remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que j’abonde en espérance par la puissance du Saint-Esprit. Amen.