Épître aux Romains – Chapitre 14 : Charité et Liberté Responsable

Romains 14 : Accueillir le Faible dans la Foi

Dans les communautés de Rome, comme dans toutes les Églises naissantes, certains chrétiens (souvent d’origine juive) continuaient à observer les règles alimentaires et les jours spéciaux ; d’autres (souvent d’origine païenne) se sentaient totalement libres.

Paul tranche avec une charité et une fermeté admirables : « Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas les opinions » (v. 1) et « Recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle » (v. 19).

Le principe est clair : – Ne pas juger le frère qui a une conscience plus scrupuleuse. – Ne pas mépriser le frère qui se sent libre. – Ne jamais, pour une question secondaire, détruire la charité pour laquelle Christ est mort.

Romains 14 est le chapitre de la charité délicate et de la liberté responsable.

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Romains – Chapitre 14

1. Accueillez celui qui est faible dans la foi, sans discuter ses scrupules.

2. L’un croit pouvoir manger de tout ; l’autre, faible, ne mange que des légumes.

3. Que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas ; et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange, car Dieu l’a accueilli.

4. Qui es-tu, toi, pour juger le serviteur d’autrui ? Qu’il tienne debout ou qu’il tombe, cela regarde son maître. Et il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir.

5. L’un distingue entre les jours, l’autre les estime tous égaux. Que chacun soit pleinement convaincu dans son esprit.

6. Celui qui fait une distinction entre les jours le fait pour le Seigneur ; celui qui mange, c’est pour le Seigneur qu’il mange, puisqu’il rend grâce à Dieu ; et celui qui ne mange pas, c’est pour le Seigneur qu’il ne mange pas, et il rend grâce à Dieu.

7. Aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même.

8. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Seigneur.

9. Car c’est pour cela que Christ est mort et qu’il est revenu à la vie : pour être le Seigneur des morts et des vivants.

10. Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu.

11. Car il est écrit : « Je suis vivant, dit le Seigneur ; tout genou fléchira devant moi, et toute langue rendra gloire à Dieu. »

12. Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même.

13. Ne nous jugeons donc plus les uns les autres ; mais veillez plutôt à ne rien mettre devant votre frère qui puisse être pour lui une pierre d’achoppement ou un piège.

14. Je sais, et j’en suis convaincu dans le Seigneur Jésus, que rien n’est impur en soi ; mais si quelqu’un pense qu’une chose est impure, alors pour lui elle est impure.

15. Si, pour un aliment, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour. Ne cause pas, par ton aliment, la perte de celui pour lequel Christ est mort.

16. Que ce qui est pour vous un bien ne devienne pas un sujet de blasphème.

17. Car le règne de Dieu ne consiste pas dans le manger et le boire, mais dans la justice, la paix et la joie dans l’Esprit Saint.

18. Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes.

19. Recherchons donc ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle.

20. Ne détruis pas l’œuvre de Dieu pour un aliment. Certes, toutes choses sont pures ; mais il est mauvais pour l’homme de manger de manière à scandaliser son frère.

21. Il est bon de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s’abstenir de tout ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse.

22. Toi, garde ta conviction pour toi devant Dieu. Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu’il approuve !

23. Mais celui qui hésite est condamné s’il mange, parce que ce n’est pas par conviction ; tout ce qui ne procède pas d’une conviction est péché.

Version PaxCœur — Texte modernisé d’après la traduction catholique Crampon (1923)

Pour aller plus loin : comprendre & vivre Romains 14

Qui est le « faible » et qui est le « fort » ici ?

Le « faible » est celui dont la conscience est encore scrupuleuse (par exemple sur la viande, le vin, certains jours). Le « fort » est celui qui sait que tout est pur en soi, mais qui doit quand même limiter sa liberté par charité.

La force chrétienne se mesure à la charité, pas à la liberté qu’on s’autorise.

Est-ce que Paul relativise la vérité pour avoir la paix ?

Jamais. Il parle de questions secondaires (aliments, jours). Sur l’essentiel de la foi, il est intraitable. Sur ce qui n’est pas défini par le Christ ou l’Église, la charité doit l’emporter sur la liberté.

La vérité ne se négocie pas. La charité s’exerce toujours.

« Pour un aliment, ne détruis pas l’œuvre de Dieu » : phrase à méditer quand…

Quand on est tenté de choquer un frère plus scrupuleux par son comportement, Quand on impose sa liberté comme un droit au lieu d’un service, Quand on préfère avoir raison plutôt que garder l’unité.

Le salut d’un frère vaut plus que mon verre de vin ou mon steak.

Et si ma conscience me dit que quelque chose est grave alors que l’Église dit que c’est permis ?

Tant que tu le crois vraiment grave, abstiens-toi. Agir contre sa conscience, même erronée, est un péché (v. 23). Mais cherche à former ta conscience à la doctrine de l’Église.

Une conscience erronée oblige, une conscience éclairée libère.

Applications très concrètes aujourd’hui

– Tu peux boire de l’alcool, mais pas devant un ancien alcoolique converti. – Tu peux critiquer publiquement certaines pratiques, mais pas si cela scandalise gravement les « petits ». – Tu peux jeûner ou non le vendredi, mais ne juge pas celui qui fait l’inverse avec une conscience droite.

La règle d’or : « Que ma liberté ne devienne jamais une occasion de chute pour mon frère. »

Prière pour vivre Romains 14

Seigneur Jésus, toi qui n’as pas utilisé ta liberté divine pour écraser les faibles, donne-moi la force de la charité plus que le droit. Que je ne juge jamais mon frère, que je ne le scandalise jamais, et que tout en moi serve à l’édification de ton Corps. Amen.

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