Actes des Apôtres – Chapitre 23

Actes des Apôtres chapitre 23 – Complot et escorte nocturne

Dans ce vingt-troisième chapitre des Actes des Apôtres, Paul comparaît devant le sanhédrin. Ananias ordonne qu’on le frappe ; Paul réplique « Dieu te frappera, muraille blanchie ! » puis divise l’assemblée en lançant la question de la résurrection.

La nuit suivante, dans la forteresse, le Seigneur lui apparaît : « Courage, comme tu as témoigné pour moi à Jérusalem, il faut que tu témoignes aussi à Rome. »

Plus de quarante Juifs jurent de ne rien manger avant de l’avoir tué. Le fils de la sœur de Paul découvre le complot ; le tribun envoie aussitôt 470 hommes pour l’escorter de nuit jusqu’à Césarée. Rien n’arrêtera la promesse de Dieu.

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Chapitre 23 : Paul devant le sanhédrin, le complot et le transfert nocturne à Césarée

1. Fixant les regards sur le sanhédrin, Paul déclara : « Frères, c’est en toute bonne conscience que je me suis conduit devant Dieu jusqu’à ce jour. »

2. À ces mots, le grand prêtre Ananias ordonna à ceux qui se tenaient près de lui de le frapper sur la bouche.

3. Paul lui dit alors : « Dieu te frappera, muraille blanchie ! Tu sièges pour me juger selon la Loi, et, contre la Loi, tu ordonnes qu’on me frappe ! »

4. Ceux qui étaient là dirent : « Tu insultes le grand prêtre de Dieu ! »

5. Paul répondit : « Je ne savais pas, frères, que c’était le grand prêtre ; car il est écrit : Tu ne parleras pas mal du chef de ton peuple. »

6. Paul, voyant qu’une partie du conseil était composée de sadducéens et l’autre de pharisiens, s’écria : « Frères, je suis pharisien, fils de pharisien ; si je suis mis en jugement, c’est à cause de notre espérance : la résurrection des morts ! »

7. À peine avait-il parlé que la dispute éclata entre pharisiens et sadducéens, et l’assemblée se divisa.

8. Car les sadducéens disent qu’il n’y a ni résurrection, ni ange, ni esprit, tandis que les pharisiens affirment toutes ces choses.

9. Un grand tumulte s’éleva ; quelques scribes du parti des pharisiens se levèrent et dirent : « Nous ne trouvons rien de mal en cet homme ; et si un esprit ou un ange lui avait parlé ? »

10. Comme la dispute devenait violente, le tribun, craignant que Paul ne soit mis en pièces, fit descendre les soldats pour l’arracher à leurs mains et le ramener à la forteresse.

11. Dans la nuit, le Seigneur apparut à Paul et dit : « Prends courage ; de même que tu as rendu témoignage de moi à Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage à Rome. »

12. Au matin, quelques Juifs formèrent un complot et firent vœu, sous anathème, de ne manger ni boire avant d’avoir tué Paul.

13. Ils étaient plus de quarante à s’être ainsi ligués.

14. Ils allèrent trouver les grands prêtres et les anciens, leur disant : « Nous nous sommes engagés par serment à ne rien goûter avant d’avoir tué Paul.

15. Maintenant donc, avec le sanhédrin, priez le tribun de le faire descendre vers vous, sous prétexte d’examiner sa cause plus exactement ; et nous, avant qu’il n’arrive, nous sommes prêts à le tuer. »

16. Mais le fils de la sœur de Paul, ayant eu connaissance de ce guet-apens, alla à la forteresse en avertir Paul.

17. Paul appela l’un des centurions et lui dit : « Conduis ce jeune homme au tribun, car il a quelque chose à lui rapporter. »

18. Le centurion l’amena au tribun et dit : « Le prisonnier Paul m’a appelé et m’a prié de t’amener ce jeune homme, qui a quelque chose à te dire. »

19. Le tribun, le prenant par la main, se retira avec lui à l’écart et demanda : « Que veux-tu m’annoncer ? »

20. Il répondit : « Les Juifs se sont accordés pour te prier de faire descendre Paul demain devant le sanhédrin, comme si on voulait s’informer plus exactement à son sujet.

21. Mais ne les écoute pas : plus de quarante d’entre eux lui tendent un guet-apens ; ils ont juré de ne ni manger ni boire avant de l’avoir tué. Ils sont maintenant prêts, n’attendant que ton accord. »

22. Le tribun congédia le jeune homme, lui recommandant de ne parler à personne de ce qu’il venait de lui révéler.

23. Il appela ensuite deux centurions et leur dit : « Tenez prêts deux cents soldats, soixante-dix cavaliers et deux cents archers pour partir à la troisième heure de la nuit en direction de Césarée.

24. Préparez aussi des montures pour faire conduire Paul sain et sauf au gouverneur Félix. »

25. Il écrivit une lettre en ces termes :

26. « Claude Lysias, au très excellent gouverneur Félix, salut !

27. Cet homme que les Juifs avaient saisi et qu’ils allaient tuer, je suis intervenu avec mes soldats et je l’ai arraché de leurs mains, ayant appris qu’il était citoyen romain.

28. Voulant connaître l’accusation qu’ils portaient contre lui, je l’ai fait comparaître devant leur sanhédrin.

29. J’ai constaté qu’il était accusé au sujet de questions relatives à leur Loi, mais qu’il n’avait commis aucun crime méritant la mort ou les chaînes.

30. Informé d’un complot dirigé contre lui, je te l’ai aussitôt envoyé, en invitant ses accusateurs à porter devant toi leurs charges. Adieu. »

31. Les soldats, conformément à leurs ordres, prirent Paul et le conduisirent de nuit jusqu’à Antipatris.

32. Le lendemain, les fantassins retournèrent à la forteresse, laissant les cavaliers poursuivre avec lui.

33. Arrivés à Césarée, les cavaliers remirent la lettre au gouverneur et lui présentèrent Paul.

34. Le gouverneur, après avoir lu la lettre, demanda de quelle province il était. Ayant appris qu’il était de Cilicie,

35. il dit : « Je t’entendrai quand tes accusateurs seront venus. » Et il ordonna qu’on le garde dans le prétoire d’Hérode.

Version PaxCœur — Texte modernisé d’après la traduction catholique Crampon (1923)

Pour aller plus loin : comprendre & vivre Actes 23

Pourquoi Paul commence-t-il par « en toute bonne conscience » ?

Parce que c’est la vérité la plus profonde de sa vie : même quand il persécutait l’Église, il le faisait en croyant servir Dieu. Depuis Damas, sa conscience est purifiée et il marche droit devant le Seigneur.

Une conscience en paix avec Dieu est plus forte que toutes les accusations du monde.

Paul a-t-il péché en traitant Ananias de « muraille blanchie » ?

Il a parlé avec une violence prophétique (comme Jésus avec les pharisiens). Quand il apprend que c’est le souverain sacrificateur, il se reprend immédiatement et cite l’Écriture avec respect.

Cela montre une chose magnifique : même dans la colère, Paul reste soumis à la Parole.

La sainteté n’est pas l’absence de feu, mais la maîtrise du feu par l’amour.

Pourquoi Paul divise-t-il le sanhédrin en lançant la question de la résurrection ?

Ce n’est pas seulement une ruse. C’est la vérité : il est jugé parce qu’il croit à la résurrection, et Jésus ressuscité est au cœur de sa foi. En même temps, il sait que cette question est explosive entre pharisiens et sadducéens.

La vérité, quand elle est dite avec intelligence, devient une arme de lumière.

Que signifie que même des pharisiens prennent la défense de Paul ?

Dieu retourne le cœur de ses anciens ennemis. Ceux qui auraient voulu le tuer quelques années plus tôt disent maintenant : « Nous ne trouvons rien de mal en cet homme. »

La grâce est capable de faire naître la justice même chez ceux qui la combattent.

Pourquoi Jésus apparaît-il à Paul cette nuit-là avec un simple « Prends courage » ?

Parce que Paul est au plus bas : frappé, seul, rejeté, menacé de mort. Le Seigneur vient lui dire deux choses : « Je suis là » et « Rome t’attend ».

Une seule parole du Ressuscité suffit à redonner la paix et la mission.

Quand Dieu dit « courage », même la prison devient une route vers la victoire.

Que penser du serment des quarante hommes de ne rien manger jusqu’à avoir tué Paul ?

C’est une haine religieuse poussée jusqu’à l’absurde et au sacrilège : utiliser Dieu pour justifier le meurtre. Leur serment est une caricature du zèle sans connaissance.

Le fanatisme commence quand on préfère mourir de faim plutôt que d’accepter la grâce donnée à un autre.

Quel rôle joue le fils de la sœur de Paul ?

Un jeune inconnu devient l’instrument inattendu de la Providence. Dieu se sert d’un adolescent, d’un centenier, d’un tribun païen pour protéger son apôtre.

Quand Dieu veut sauver quelqu’un, il mobilise même ceux qui ne le connaissent pas.

Pourquoi une escorte de 470 hommes pour un seul prisonnier ?

Parce que le tribun comprend que la haine est totale et que Paul est précieux (citoyen romain, et surtout choisi par Dieu). La Providence met en œuvre des moyens démesurés pour accomplir une promesse minuscule : « il faut que tu rendes témoignage à Rome ».

Dieu ne fait jamais les choses à moitié quand il s’agit de tenir parole.

Que nous apprend la lettre de Claude Lysias ?

Un païen écrit la vérité (presque) : Paul n’a rien fait qui mérite la mort ou les chaînes. Sans le savoir, il devient témoin de l’innocence de l’Évangile.

Dieu fait écrire l’Histoire même par ceux qui ne croient pas en Lui.

Pourquoi Paul ne cherche-t-il pas à fuir ou à se défendre autrement ?

Parce qu’il a entendu la voix du Seigneur : « Il faut que tu rendes témoignage à Rome. » Dès lors, il est en paix : ni la haine, ni les chaînes, ni la mort ne peuvent changer le plan de Dieu. Celui qui a reçu une promesse de Dieu peut traverser n’importe quelle tempête sans peur.

Quel message ce chapitre transmet-il pour ma vie aujourd’hui ?

Que même quand tout semble perdu, le Seigneur vient dans la nuit et redit la promesse. Que la haine peut être immense, mais la protection de Dieu est toujours plus grande. Que rien — absolument rien — ne peut empêcher la Parole d’arriver là où Dieu l’a décidé.

Actes 23 crie à notre cœur : « Prends courage. Ta Rome t’attend. Et Dieu y pourvoira, même par des chemins que tu n’imagines pas. »

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