Actes des Apôtres – Chapitre 5

Actes des Apôtres – Chapitre 5 : Sainteté et puissance de l’Église

Ce cinquième chapitre des Actes des Apôtres révèle la sainteté brûlante de l’Église naissante et la puissance de Dieu qui agit au milieu d’elle. L’épisode d’Ananias et Saphira rappelle avec gravité que l’Esprit Saint n’est pas un symbole, mais une présence réelle qui scrute les cœurs. Puis les apôtres, malgré la persécution et la jalousie des autorités religieuses, continuent d’annoncer Jésus avec une liberté extraordinaire.

Un ange ouvre même les portes de leur prison, signe que rien ne peut enchaîner l’Évangile. Gamaliel, figure de sagesse, reconnaît enfin une vérité qui traverse les siècles : si cette œuvre vient de Dieu, personne ne pourra l’arrêter.

Écouter Actes des Apôtres chapitre 5 en audio

Chapitre 5 : Ananias, Saphira et les miracles des apôtres

1. Un homme nommé Ananias, avec sa femme Saphira, vendit une propriété,

2. et détourna pour lui une partie du prix, avec l’accord de sa femme ; puis il apporta le reste et le déposa aux pieds des apôtres.

3. Pierre lui dit : « Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur au point que tu mentes à l’Esprit-Saint et que tu retiennes une part du prix du champ ?

4. S’il n’avait pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et, une fois vendu, le prix n’était-il pas à ta disposition ? Comment as-tu pu concevoir une telle action dans ton cœur ? Ce n’est pas aux hommes que tu as menti, mais à Dieu. »

5. En entendant ces paroles, Ananias tomba et expira. Une grande crainte saisit tous ceux qui apprirent la chose.

6. Les jeunes gens se levèrent, l’enveloppèrent, l’emportèrent et l’ensevelirent.

7. Environ trois heures plus tard, sa femme entra, ne sachant pas ce qui était arrivé.

8. Pierre lui demanda : « Dis-moi, est-ce bien à tel prix que vous avez vendu le champ ? » — « Oui, répondit-elle, c’est à ce prix-là. »

9. Alors Pierre lui dit : « Comment vous êtes-vous accordés pour tenter l’Esprit du Seigneur ? Voici, ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte ; ils t’emporteront aussi. »

10. À l’instant même, elle tomba aux pieds de Pierre et expira. Les jeunes gens, étant revenus, la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent et l’ensevelirent auprès de son mari.

11. Une grande crainte s’empara de toute l’Église et de tous ceux qui apprirent ces événements.

12. Beaucoup de signes et de prodiges se faisaient parmi le peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous ensemble sous le portique de Salomon.

13. Aucun des autres n’osait se joindre à eux ; mais le peuple les estimait grandement.

14. Et de plus en plus, des hommes et des femmes en foule s’attachaient au Seigneur et croyaient en lui.

15. On apportait même les malades dans les rues, on les déposait sur des lits et des grabats afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvre l’un d’eux.

16. La multitude accourait aussi des villes voisines de Jérusalem, amenant des malades et des personnes tourmentées par des esprits impurs ; et tous étaient guéris.

17. Alors le grand prêtre et tout son parti — c’est-à-dire les Sadducéens — se levèrent, remplis de jalousie.

18. Ils mirent la main sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique.

19. Mais, pendant la nuit, un ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison, les fit sortir,

20. et leur dit : « Allez au Temple et annoncez au peuple toutes les paroles de cette Vie. »

21. En entendant cela, ils entrèrent dès le matin dans le Temple et se mirent à enseigner. Le grand prêtre et ceux qui étaient avec lui arrivèrent, convoquèrent le sanhédrin et tous les anciens d’Israël, et envoyèrent chercher les apôtres à la prison.

22. Les officiers y allèrent, mais ne les trouvèrent pas dans la prison. Ils revinrent faire leur rapport,

23. en disant : « Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée, les gardes en poste devant les portes ; mais, après avoir ouvert, nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. »

24. En entendant cela, le commandant du Temple et les grands prêtres étaient déconcertés, se demandant ce que cela pourrait devenir.

25. Un homme vint leur dire : « Les hommes que vous avez jetés en prison sont dans le Temple et enseignent le peuple ! »

26. Alors le commandant partit avec les officiers et les ramena sans violence, car ils avaient peur d’être lapidés par le peuple.

27. Les ayant amenés, ils les firent comparaître devant le sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea,

28. en disant : « Ne vous avons-nous pas interdit expressément d’enseigner en ce nom-là ? Et voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme ! »

29. Pierre et les apôtres répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

30. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez fait mourir en le suspendant au bois.

31. Dieu l’a exalté par sa droite comme Prince et Sauveur, afin de donner à Israël la pénitence et la rémission des péchés.

32. Nous sommes témoins de ces choses, de même que l’Esprit-Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »

33. Furieux de ces paroles, ils voulaient les faire mourir.

34. Mais un pharisien nommé Gamaliel, docteur de la Loi, honoré de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin et ordonna de faire sortir un moment les apôtres.

35. Puis il dit : « Hommes d’Israël, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces hommes.

36. Il y a quelque temps se leva Theudas, qui prétendait être quelqu’un ; environ quatre cents hommes se joignirent à lui. Il fut mis à mort, et tous ses partisans furent dispersés et réduits à rien.

37. Après lui, se leva Judas le Galiléen, au temps du recensement ; il entraîna du monde à sa suite. Il périt aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés.

38. À présent, je vous le dis : ne vous occupez plus de ces hommes et laissez-les aller. Si ce dessein ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ;

39. mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu. »

40. Ils adoptèrent son avis. Puis, ayant fait comparaître les apôtres, ils les firent battre de verges, leur défendirent de parler au nom de Jésus, et les relâchèrent.

41. Les apôtres quittèrent le sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de souffrir des outrages pour le Nom.

42. Et chaque jour, dans le Temple et dans les maisons, ils ne cessaient d’enseigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Version PaxCœur — Texte modernisé d’après la traduction catholique Crampon (1923)

Pour aller plus loin : comprendre & vivre Actes 5

Pourquoi Dieu agit-il si sévèrement avec Ananias et Saphira ?

Cet épisode ne parle pas d’argent, mais de vérité devant Dieu. Personne ne les obligeait à vendre leur champ : leur péché n’est pas d’avoir gardé une partie, mais d’avoir voulu paraître plus généreux qu’ils ne l’étaient.

La jeune Église, encore fragile, devait être protégée d’un mensonge qui aurait empoisonné sa fondation. Dieu ne punit pas pour détruire : Il protège la sainteté de son peuple et révèle que l’Esprit Saint ne peut être trompé.

Ce texte nous rappelle avec douceur, mais fermeté : Dieu ne veut pas des masques, seulement une vérité humble.

Pourquoi la crainte de Dieu traverse-t-elle toute la communauté ?

La “crainte de Dieu” n’est pas la peur de Dieu : c’est la conscience vive de sa présence. Elle naît quand on réalise que Dieu est proche, réel, vivant, agissant.

Cette crainte n’éloigne pas : elle purifie, elle ouvre, elle redresse le cœur comme un feu intérieur.

Craindre Dieu, c’est aimer Dieu assez pour ne pas vouloir le blesser.

Pourquoi l’ombre de Pierre guérissait-elle les malades ?

Ce n’était pas l’ombre qui guérissait, mais la puissance de Dieu qui agissait à travers son apôtre. Pierre n’est qu’un instrument, un canal.

Dieu montre ici que la résurrection n’est pas un souvenir : le Christ vivant continue d’agir dans son Église.

Aujourd’hui encore, Dieu passe parfois par des instruments très simples pour toucher les cœurs.

Pourquoi les apôtres sont-ils libérés par un ange ?

Ce geste manifeste que personne ne peut enfermer l’Évangile. Les hommes peuvent lier les disciples, mais ils ne peuvent pas lier Dieu.

L’ange ne donne pas seulement la liberté : il donne une mission. « Annoncez au peuple toutes les paroles de cette vie. »

La liberté chrétienne n’est pas une fuite : elle est un envoi. Celui que Dieu libère, Dieu l’envoie.

Pourquoi les apôtres désobéissent-ils aux autorités religieuses ?

Les apôtres ne cherchent pas la révolte. Ils obéissent simplement à une autorité plus haute : Dieu lui-même.

Leur phrase « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » résume toute la logique de la mission chrétienne : quand l’homme interdit ce que Dieu ordonne, le choix est fait.

Cette obéissance à Dieu donne une audace surnaturelle : la foi ne se laisse pas bâillonner.

Quelle est la signification du discours de Gamaliel ?

Gamaliel discerne avec une sagesse rare : il voit que les œuvres humaines s’effondrent, mais que les œuvres divines traversent les siècles.

C’est une loi spirituelle universelle : quand quelque chose vient de Dieu, aucune opposition ne peut l’arrêter.

Cette parole devrait rassurer chaque disciple : si le Christ est avec toi, alors rien ne pourra empêcher ce qu’Il a commencé en toi.

Pourquoi les apôtres se réjouissent-ils d’avoir été frappés ?

Ils ne se réjouissent pas de souffrir. Ils se réjouissent de pouvoir ressembler à Jésus, d’être trouvés dignes d’annoncer son Nom malgré les épreuves.

La souffrance n’est jamais recherchée, mais elle devient lumière quand elle est unie au Christ.

L’amour pour Jésus transforme les coups en victoire intérieure.

Pourquoi la prédication des apôtres ne cesse-t-elle jamais ?

Parce que la Parole est leur vie. Ils n’annoncent pas une idée, mais une personne qu’ils ont rencontrée : Jésus vivant.

Leur mission est simple : que personne, pas un seul, ne passe à côté de la lumière capable de sauver son âme.

Quand le cœur est brûlé par le Christ, il ne peut plus se taire.

Que nous dit ce chapitre pour aujourd’hui ?

Il nous rappelle que la vie chrétienne n’est pas tiède, mais ardente. L’Esprit Saint purifie, envoie, fortifie, éclaire.

Il nous enseigne que la vérité compte, que la mission compte, que la sainteté compte.

Dieu ne cherche pas des héros, mais des cœurs vrais — capables de Lui dire “oui”.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *